Sécurité à la douche

Accompagner une personne à la douche en sécurité

 

Un équipement adapté réduit le risque de chute sans le supprimer. La manière d'accompagner la toilette compte autant que le matériel installé. La préparation de la pièce, le transfert vers le siège et la conduite à tenir après une chute constituent les principaux points de vigilance.

Préparation avant la douche

Presque tous les incidents surviennent parce qu'il manque quelque chose et qu'il faut se déplacer mouillé pour aller le chercher. Rassembler d'abord serviette, vêtements propres, savon et gant à portée de main depuis le siège règle ce problème.

Chauffer la pièce à l'avance importe davantage qu'on ne l'imagine. Une personne âgée se refroidit vite, et le froid raidit les gestes autant qu'il décourage la toilette.

Régler la température de l'eau avant que la personne n'entre, puis la vérifier sur l'intérieur de son propre poignet, évite le choc thermique. Enfin, dégager le sol de tout ce qui traîne, tapis compris, supprime la cause de chute la plus banale.

Aide à la toilette

Le réflexe de l'aidant est de faire vite et bien, donc de faire lui-même. C'est une erreur à long terme, car ce qui n'est plus fait est rapidement perdu, et l'autonomie recule plus vite que la maladie ne l'imposait.

La règle utile consiste à laisser la personne accomplir tout ce qu'elle peut encore accomplir, même lentement et imparfaitement, et à n'intervenir que sur ce qui est réellement hors de portée, en général le dos, les pieds et les cheveux.

Annoncer chaque geste avant de le faire change complètement la nature de l'échange. Une main qui arrive sans prévenir surprend, provoque un mouvement de recul et donc un déséquilibre. Une phrase d'annonce avant chaque geste suffit.

Rester à hauteur de regard, plutôt que debout au-dessus d'une personne assise et nue, préserve une relation d'adulte à adulte. Ce détail conditionne l'acceptation de l'aide dans la durée, plus sûrement que n'importe quel argument.

Transfert et appuis

Le passage du fauteuil au siège de douche est le moment le plus délicat. Il se prépare en approchant le fauteuil au plus près, en le freinant, en relevant les repose-pieds et en s'assurant que les deux assises sont à peu près à la même hauteur.

Ne jamais tirer sur un bras. L'épaule d'une personne âgée se luxe facilement, et une personne hémiplégique n'a aucun tonus du côté atteint. On accompagne le mouvement en soutenant le tronc, la personne prenant appui elle-même sur la barre.

Pour l'aidant, le dos se protège en pliant les jambes, en gardant la charge près de soi et en évitant toute torsion. Une planche de transfert ou un disque pivotant coûte peu et évite des lombalgies qui finissent par mettre l'aidant hors jeu, ce qui est le pire scénario pour la personne aidée.

Déroulement de la toilette

Mouiller d'abord les pieds puis remonter progressivement laisse le corps s'habituer et prévient le malaise. Une douchette maniable rend ce geste possible sans se lever.

Le savon au sol est un piège classique. Un distributeur mural, ou un savon dans un filet accroché, évite d'avoir à se pencher pour ramasser un pain glissant.

La surveillance des signes de malaise s'impose également, pâleur, sueurs, propos confus, et la douche peut être écourtée sans en faire un drame. Une toilette partielle vaut mieux qu'un malaise complet.

Séchage et surveillance après la douche

Se sécher assis, sans se presser, dans une pièce encore tiède. Les plis de peau, les pieds et les espaces entre les orteils demandent une attention particulière, car l'humidité résiduelle provoque des mycoses et des irritations.

Le séchage est aussi le moment d'observer la peau. Une rougeur qui ne s'efface pas, une plaie, un gonflement sont plus faciles à repérer à ce moment qu'à n'importe quel autre, et méritent d'être signalés au médecin.

Essuyer le sol avant de sortir de la pièce protège la personne suivante, et aérer limite la moisissure.

Conduite à tenir après une chute

Le premier réflexe est de ne pas relever la personne immédiatement. Il faut d'abord lui parler, vérifier qu'elle est consciente, lui demander si elle a mal quelque part et regarder si un membre présente une déformation.

En cas de douleur vive à la hanche, à la jambe ou au dos, ou si la personne ne peut pas bouger un membre, appeler les secours sans tenter de la déplacer. Une fracture du col du fémur déplacée par un relevage improvisé aggrave nettement le pronostic.

Si rien ne semble cassé, la couvrir pour éviter le refroidissement, la laisser reprendre ses esprits, puis l'aider à se relever par étapes, en passant par la position à quatre pattes puis en s'appuyant sur un support stable.

Toute chute doit être signalée au médecin traitant, même sans conséquence apparente. Une première chute annonce souvent la suivante, et elle justifie de réexaminer l'aménagement, le traitement médicamenteux et l'équilibre de la personne.

Recours aux professionnels

L'aide à la toilette peut être assurée par un service d'aide à domicile ou, sur prescription, par un infirmier. Un ergothérapeute peut se déplacer pour évaluer la situation, ajuster la hauteur des équipements et montrer les gestes adaptés au cas précis.

Le recours à un professionnel n'est pas un échec. Un aidant épuisé finit par se blesser ou par renoncer, et un accompagnement professionnel, même une ou 2 fois par semaine, allège suffisamment la charge pour que le reste tienne dans la durée.