
Une douche PMR est une douche conçue pour être utilisée sans difficulté par une personne à mobilité réduite. Quatre caractéristiques la définissent, un accès de plain-pied, des dimensions permettant la manœuvre d'un fauteuil roulant, des équipements de maintien fixés à des hauteurs précises et un sol qui ne glisse pas.
La douche PMR porte aussi d'autres noms selon le public visé, douche senior, douche sécurisée ou douche pour personne handicapée, mais le principe technique reste le même.
La douche PMR et la douche à l'italienne se recoupent sans se confondre. Une douche à l'italienne désigne un aménagement où le sol de la douche prolonge celui de la pièce, sans receveur apparent. C'est un parti pris esthétique avant tout, et une douche à l'italienne peut parfaitement être inaccessible, trop étroite, sans point d'appui, avec un carrelage lisse et un mitigeur placé hors de portée.
Une douche PMR peut être réalisée en douche à l'italienne, et c'est souvent le cas, mais elle y ajoute des exigences dimensionnelles et des équipements que l'italienne seule n'impose pas. La confusion est fréquente chez les particuliers comme chez certains installateurs, et elle explique des chantiers refaits 2 fois.
La notion de mobilité réduite est large et évolutive. Elle concerne évidemment les personnes en fauteuil roulant, mais aussi une majorité de situations moins visibles.
Les seniors dont l'équilibre se dégrade progressivement forment le premier public. Viennent ensuite les personnes souffrant d'arthrose, de troubles de la vue, de maladies neurologiques ou de séquelles d'accident vasculaire cérébral. S'y ajoutent les situations temporaires, une jambe plâtrée, une convalescence après opération, une grossesse avancée.
La diversité de ces situations a une conséquence pratique. Un aménagement pensé uniquement pour un fauteuil roulant néglige parfois ce dont a besoin quelqu'un qui tient debout mais chancelle, et inversement. Décrire précisément l'usage attendu vaut mieux que se référer à une catégorie administrative.
Le premier bénéfice est la réduction du risque de chute. Supprimer le rebord de baignoire élimine le geste le plus dangereux de la toilette, celui où le corps se trouve en appui sur une seule jambe, au-dessus d'une surface glissante et sans point de préhension fiable. Le siège, les barres et le sol antidérapant traitent le reste.
Le deuxième bénéfice est le maintien de l'autonomie. Beaucoup de personnes cessent de se doucher seules non par incapacité mais par peur, ce qui entraîne une perte de confiance et parfois un renoncement à l'hygiène. Un équipement rassurant restitue des gestes que la personne peut encore accomplir, et cela change son rapport à son propre logement.
Le troisième bénéfice concerne les aidants. Se doucher sans aide, ou avec une aide légère plutôt qu'un soutien physique complet, allège considérablement la charge du conjoint ou de l'enfant qui accompagne. Une paroi à mi-hauteur, par exemple, permet à l'aidant de rester au sec et d'éviter des postures qui abîment son propre dos.
Le quatrième bénéfice est la valeur du logement. Une salle de bains accessible correspond à une demande croissante, et les aménagements bien réalisés ne se distinguent plus visuellement d'une salle de bains contemporaine ordinaire.
Une douche adaptée n'a pas à ressembler à une chambre d'hôpital. Les barres d'appui existent en finitions assorties à la robinetterie, les sièges se rabattent contre le mur et disparaissent, et les receveurs à carreler reçoivent le même revêtement que le reste de la pièce.
L'apparence des équipements compte davantage qu'il n'y paraît, car un équipement jugé stigmatisant finit par ne plus être utilisé. Un siège que la personne refuse de déplier ne protège de rien.